
Le coin des photographes
Cette page est dédiée aux photographes professionnels ou amateurs qui souhaiteraient échanger avis, idées, critiques positives ou négatives. (C'est parfois grâce à elles que l'on avance, sous réserve qu'elles soient fondées !).
Elle a pour but d'expliquer ma démarche photographique, ma téchnique, mon approche, mon ressenti.
Pour partager avis et commentaires, Il vous suffit de me contacter,, ou d'aller sur mon blog, je me ferai un plaisir de vous répondre.
Je travaille avec les boitiers Canon eos 1v - eos 3 - et Eos 5d2 en numérique.
Mes objectifs : Canon 17-40L 2.8 - 28-70L 2.8 100-400L 4,5-5,6 et le 100mm 2.8 (Pour son formidable piqué ! ) un flash 550ex et bien sûr, mon inséparable trépied !
J'utilise de la Fuji Velvia 50 ou 100 (hors mariage), que je scanne ensuite sur un Nikon 5000. Les lumières, ambiances ou autre sont reproduites le plus fidèlement possible à l'image originale.
Aucune modification, montage ou recadrage ne sont apportés, car a mon sens, la valeur d'une photographie repose avant tout sur l'instant unique de la scène qui s'est offerte au photographe.
Plusieurs raisons m'incitent à continuer à travailler en argentique. Tout d'abord, parce que j'aime le film et sa formidable capacité à restituer les vraies couleurs. J'aime son odeur, son touché, son aspect, cette cartouche dans laquelle est enfermée ce serpentin
magique qui va témoigner, des années durant, de ce que le photographe aura saisi ou voulu montrer, je trouve qu'il a quelque chose de plus humain et de moins froid qu'une carte mémoire dont la subjectivité de l'image numérique dépend avant tout de la
qualité du boitier, puis de l'écran d'ordinateur et enfin de l'étalonnage de celui-ci ; la diapositive elle, ne ment pas !
Ensuite, parce que l'attente du résultat décuple le contentement. Lorsque, sur ma table lumimeuse, sont exposés à mes yeux un paysage d'automne, un subtil contre jour ou une pose longue dont j'ai imaginé l'effet en appuyant sur le déclencheur,
je retrouve le fruit de mon travail sur ce petit bout de gélatine de 24x36mm ; il ne s'agit pas là d'images virtuelles cataloguées sous forme de fichiers dans des cartes, des disques durs ou sur des dvd dont la durée de vie me laisse circonspect.
La méthode la plus sûre pour conserver ses images semble être le Dvd. Peut-on imaginer que celui-ci, gravé sur un graveur lambda puisse être lu (par quel type d'appareil ?) dans 20 ou 30 ans ? A moins de sauvegarder sans cesse ! Quelle gestion pour le photographe professionnel qui
possède plusieurs milliers d'images !
Car enfin, qui peut sérieusement prédire la durée de vie des fichiers numériques ? A l'instar du film qui lui se conserve des dizaines d'années, voire un siècle !
Au delà de l'aspect purement technique, la lumière est un facteur déterminant pour la réalisation d'une photo, savoir en jouer permet de capter ce que l'oeil ne voit pas.
Lumière douce et chaude du soir ou du matin, lumière dûre d'un après-midi d'été, ciel couvert ou bleu éclatant, c'est au photographe à s'adapter aux conditions climatiques, à trouver l'angle, la situation, et, le cas échéant, les règlages qui lui permettront de tirer parti de l'instant et de fabriquer une belle image.
Bien sûr, on revient parfois bredouille, chacun de nous a connu cela : manque d'inspiration, manque de concentration, éléments qui ne sont pas "en place", c'est parfois au bout du Nème passage, dans un endroit qui nous paraissait fade et sans intérêt, qu'une curieuse alchimie s'opère enfin. Comme un puzzle, chaque pièce prend sa place, l'ensemble forme alors une vision extraordinaire !
En reportage, impossible de revenir 10 fois sur les lieux. Il faut être prêt, anticiper, trouver l'angle, l'expression, le geste, la lumière qui fera qu'une image pourra parfois se passer de commentaires et se suffir à elle-même. J'utilise un grand angle pour être au plus près de mon sujet,
il faut que les images soient expressives afin que ceux qui les visionnent vivent la scène. Le flash est utilisé avec parcimonie, son éclair ne doit pas être visible.
Pour conclure, il faut reconnaitre aux boitiers numériques certains avantages, comme le gommage des dominantes de couleur, tellement contraignantes à éliminer auparavant, la modulation de la sensibilité Iso, le résultat instantanné sur écran, si pratique en studio etc...bref, une utilisation tellement plus simple
et plus facile que la photographie traditionnelle.
Trop facile peut-être. La pratique de la photographie est devenue un des hobby préféré des Français, les magazines traitant de ce sujet ont décuplé, la vente de matériels ne s'est jamais aussi bien portée malgré le coût prohibitif des accessoires et boitiers.
Qui aujourd'hui ne possède pas reflex ou compact numérique ?
En découle une profusion d'images. Certaines "photothèques" qui, pour 1 euro, vendent des photographies libre de droits l'ont bien compris et profitent de cette situation, résultat : une dévalorisation de l'image, une précarisation et une marginalisation de la profession, à terme, la disparition d'un métier et de leurs auteurs...
Vaste débat, j'attends vos réactions !
Valéry Trillaud